LACS D'AYOUS AUX PETITS OIGNONS

Voilà la dernière randonnée de la saison. Celle qui, normalement, aurait pu se faire sous un bon mètre de neige, raquettes aux pieds, avec un effort démultiplié. Et bien non !

Le 29 décembre 2018 dans les Pyrénées c'est l'automne. Tout juste quelques bonnes traces de neige histoire de nous rappeler les bonnes années enneigées.


Je suis accompagné de Sébastien Claverie. Un ami de longue date qui adore la photo et qui commence à apprécier les randonnées.


Je vous présente Seb, heureux comme un gamin ;-)

Nous partons de Tarbes au petit matin, le dernier samedi de l'année 2018. On papote, on se raconte les dernières sorties et notamment celle où, 5 mois auparavant, nous étions au bord du lac Gentau et nous prenions un orage dingue sur la tête. On en a pris tellement dans les yeux que c'est là que nous allons pour terminer l'année en beauté.


Le matériel est prêt. Etant donné que ce lac est très fréquenté en été (c'est un peu les "champs Elysées" de la Vallée d'Ossau), nous avons décidé de prendre la tente, au cas où le refuge soit complet. 14 places hiver, c'est beaucoup mais en même temps très peu.



Et nous voilà partis pour 4 heures de marche et 1.000m de dénivelé.


Nous arrivons sur le premier des lacs d'Ayous : le lac Roumassot. Nous croisons un groupe de jeunes dont l'un s'apprête à se jeter à l'eau ! Probablement pour séduire la jeune fille qui l'accompagne. Nous lui conseillons tout de même de faire attention au choc thermique, en bons pères de famille que nous sommes. Il y va quand même.



Bivouac sous le Pic du midi d'Ossau

Sous une douceur déconcertante, nous plantons la tente, un peu à l'abri du lac Gentau.

Cette même tente photographiée quelques heures plus tard ici à gauche.


L'emplacement n'a pas été pris au hasard. Je voyais déjà dès 16h que durant la nuit, la tente illuminée avec derrière le Pic du midi pourrait donner quelque chose de sympa.

Et puis il y avait aussi cette langue glacée au premier plan : idéalement placée.










Etant arrivées en avance (pour une fois), nous avons le temps de nous poser, nous rafraîchir et nous préparer pour les longues heures de photos qui nous attendent.


Le premier spot de la soirée est au dessus du refuge.

Il est situé à 1980m, au coeur du Parc National des Pyrénées. L'été, les places s'y font rares à cause de sa surfréquentation. Il vaut mieux réserver (lien ici). Si par malchance le refuge est complet, vous pourrez alors planter la tente juste devant le lac, tout aussi agréable.

L'hiver, 14 places sont accessibles librement dans la partie basse de la bâtisse. Vous aurez droit à des matelas confortables, des couvertures et même la lumière. Le confort absolu pour une bonne nuit de récupération.


La nuit tombe maintenant sur la vallée d'Ossau. Après un repas chaud, nous repartons pour une session de photos de nuit.


On se dirige un peu plus bas, aux abords du Lac du Miey. Bien plus petit que le lac Gentau, il est gelé et on va pouvoir faire du light-painting.


Le light-painting est une technique de composition. Elle se fait la nuit avec tout objet lumineux. Une lampe de poche, un écran de téléphone, un briquet... tout est bon pour composer sa photo.


Ici, j'utilise une simple lampe frontale au faisceau très serré, pour éviter d'illuminer entièrement la scène. Cela a un effet de lanterne sur le lac gelé.


Au milieu, c'est moi sous la "boule éphémère". On ne me voit pas trop car je bouge constamment pour éviter que le capteur n'imprime mon corps.


De retour au refuge, nous photographions la voie lactée qui passe au dessus du lac.


>> Pour les réglages : 30 secondes d'exposition, f/2.8, 14mm, ISO 5000.

Vous pouvez tenter de reproduire ces réglages mais il y aura quoi qu'il en soit des modifications à effectuer en fonction de la focale que vous utilisez, de l'ouverture de votre diaphragme, ainsi que de la luminosité ambiante. Bien entendu, la montée en ISO apporte du bruit numérique sur votre photo, selon le boitier que vous utilisez, celui-ci sera plus ou moins marqué.


La voie lactée au dessus du lac Gentau

La nuit en montagne, c'est toujours un moment à part. Le silence, la quiétude, le bruit de l'eau sont nos seuls compagnons.

Si Sébastien gère très bien l'endormissement en altitude, ce n'est pas mon cas. Et malgré la douceur et le confort du refuge (6° à l'intérieur), j'ai du mal à trouver le sommeil. J'ai dans la tête toutes les images prises plus tôt. Je pense à celles que je vais prendre le lendemain. En s'imprimant sur le capteur elles s'impriment aussi dans mon esprit. Je regrette certaines prises, je pense qu'elles auraient été mieux sous un autre angle, mais je ne peux pas revenir en arrière. Je savoure certaines autres et j'ai hâte de les voir sur grand écran.

Bref, les minutes défilent, les heures passent et mes yeux ne se ferment enfin qu'à 3 heures du matin.

Quand le réveil est programmé pour 6h30, cela laisse peu de temps au repos.

Les pieds frigorifiés, je me lève au son du vibreur. Les yeux déjà bien ouverts, je fais chauffer l'eau pour le déjeuner. Dehors, la lune a remplacé le ciel étoilé et un vent doux souffle sur le refuge. Doux... pas tant que cela finalement.

Bien couverts nous sortons à 7h15 afin de préparer au mieux le lever de soleil.

Après quelques réglages, tout est prêt à capturer cet instant.

A 8h29, le soleil se lève en plaine. Nous, nous devrons patienter encore 30 minutes pour le voir sortir non loin du Pène du Peyreget, à droite du Pic du Midi.

Cela me laisse le temps de m'approcher du lac pour tenter de trouver un joli premier plan et capturer ainsi un bel effet miroir.


Et voilà qu'aux alentours de 9h du matin, le soleil pointe enfin le bout de son nez à l'horizon. Nous vivons là un moment si beau, si pur, si doux mais tellement rapide. Juste le temps de capter 3 ou 4 photos.


La boucle est bouclée : coucher de soleil, voie lactée, lever de soleil. Le rêve de tout photographe.


L'année 2018 se termine en beauté avec cette sortie mémorable, probablement la plus belle sortie pour ma part en 2018.

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