ESTAUBÉ - Le Cirque aux Isards

Au début du printemps, quand la route d'accès au barrage des Gloriettes est fermée, seuls les isards (et quelques photographes comme nous) sont les maîtres des lieux.



Cela faisait plus de trois semaines que je n'avais pas foulé les sentiers pyrénéens. le manque était important.

En ce début de printemps, la neige fait défaut en altitude et de nombreux sentiers sont donc accessibles. Vers midi trente, ce mardi 02 avril, je décide d'aller prendre l'air. Je ne sais encore où. J’appelle Julien, photographe amateur et spécialiste de la faune pyrénéenne. Après un rapide tour des conditions météo, on se décide à partir sur le Cirque d'Estaubé. Julien ne connait pas cet endroit.

A 14h30, nous sommes déjà sur la route. Randonnée improvisée.


// TOPO //

Point de départ (pont à l'embranchement de la route du barrage des Gloriettes avant Héas)

Distance : 9kms aller-retour

Dénivelé : 500m

Difficulté : facile



Comme chaque début de printemps, la route qui mène au barrage est fermée. La neige est encore présente sur celle-ci mais n'empêche pas de monter. Si vous décidez d'y aller l'été, vous pourrez vous garer sur le parking du barrage, vous gagnerez 45mn de marche et 200m de dénivelé. Par contre, il faudra arriver très tôt, le parking est pris d'assaut à la belle saison.


Il n'y a pas de réel objectif sur cette randonnée. Nous partons principalement pour marcher en montagne, prendre l'air et profiter des Pyrénées.

Julien est toujours équipé d'un télé-objectif sur ses sorties, espérant croiser la route d'un isard, d'un renard ou d'un gypaète, contrairement à moi qui ne le prends quasiment jamais car trop lourd. Pourtant... je vais le regretter.


Nous arrivons sur le parking à proximité du barrage quand Julien me demande discrètement de m’arrêter. Avec sa tête, il me fait signe de regarder sur la gauche. Une silhouette se dessine sur une paroi rocheuse. Un isard ! Le premier d'une longue liste que nous verrons ce jour là.


Je sors mon boitier, mais ma focale est bien trop courte pour bien le distinguer.

Pour Julien aucun soucis. Gros plan sur cet isard ®Julien Lacraz

Cet isard n'est pas seul, un second se cache derrière lui. Nous continuons la route jusqu'au parking et Julien décide d'aller à leur rencontre. Ils nous ont repérés bien avant nous et prennent la poudre d'escampette.


Difficiles à repérer avec leur robe aux couleurs des parois

Julien avec son télé-objectif a plus de chance ®Julien Lacraz

Après cette première rencontre, nous continuons notre route et passons sur le barrage. Je suis étonné de voir le lac complètement dégelé à cette période de l'année, il n'y a quasiment plus de neige sur les pentes environnantes.

Le Cirque d'Estaubé est pour le moment sous les nuages, tout au fond du vallon




Le Pic de Gabiédou (2809m)

Petit pont qui traverse le gave d'Estaubé. Nous sommes dans le Parc National

Nous suivons le gave d'Estaubé en direction du Cirque du même nom. Il faut traverser le vallon sur quelques kilomètres pour l'atteindre.

Quelques instant après le pont, Julien repère de nouveau 2 isards sur une paroi. Il photographie donc l'un d'eux rejoignant une ligne de crête.


® Julien Lacraz

Le Cirque d'Estaubé se dévoile par intermittence. L'épaisse couche de nuages s'en va, puis revient.

Sa ligne de crête marque la frontière avec l'Espagne. Son point culminant est le grand Astazou (3.071m).


Le Cirque d'Estaubé

L'heure tourne et si nous voulons profiter du coucher de soleil sur le plateau de Coumély (à côté du lac), nous ne devons pas traîner.

Nous allons donc nous rendre un peu plus loin dans le vallon et passer un surplomb rocheux (on peut l'apercevoir à droite sur la photo ci-dessus).

En passant ce surplomb, Julien est quelques mètres derrière moi. Je lui suggère d'être attentif car nous pourrions de nouveau croiser des isards.

Et une minute plus tard, de nouveau un bel isard sur une petite crête. C'est le 5ème de la journée que nous voyons. Nous ne sommes qu'à une cinquantaine de mètres de lui. Julien utilise le mode rafale de son boitier puis me prête son télé-objectif pour que j'immortalise aussi ce cadeau de la nature. Puis la bête s'enfuie.


Ma première photo animalière en montagne


Nous décidons de tenter une nouvelle approche et grimpons, droit dans la pente, le plus discrètement possible. Julien rampe dans la pente et ne voit pas les isards s'enfuir. Je retiens le bruit des sabots sur la pente rocheuse.


Capture d'écran d'une vidéo réalisée avec mon téléphone

Il parvient tout de même à photographier leur échappée ®Julien Lacraz

Nous étions là à 30 mètres à peine d'eux. Nous nous observions. Chacun cherchant à savoir qui allait fuir en premier.

Je n'ai jamais approché de si près un isard, j'en parle à Julien. Je luis fait part de mon admiration, de mon émotion, le sourire collé aux lèvres, le visage illuminé par cette rencontre.


Nous redescendons vers le gave pour faire quelques photos du Cirque. J'ai avec moi ma "bulle" et je vais l'immortaliser à l'intérieur.



Un peu plus bas, le gave d'Estaubé dessine de belles courbes et sculpte la roche.


Il est temps de repartir en direction du lac des Gloriettes avant que la nuit ne tombe.

Pour y être venu il y a plusieurs mois, j'avais repéré sur le plateau de Coumély un joli petit trou d'eau, perdu au milieu des granges. Nous finirons cette sortie ici à admirer les reflets des nuages





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